• Récit n°666. 2015. Massacre.

    "Élise et moi avions longuement parlé et nous étions arrivés à un point de non retour. La vengeance allait se faire dans la plus grande décadence et allait se parer de rouge. C'est ainsi que nous décidâmes de donner une réception au sein de notre propre manoir, autour d'un immense buffet. Les quelques fidèles qui nous restaient servirent à amasser le plus de villageois possible dans la demeure. Une fois tout le monde réuni, coupes en mains, nous nous lançâmes dans un discours endiablé, contant les prouesses que chacun avait réalisé des leur plus jeune âge, combien nous étions remplis de joie quant au fait d'être chefs de village, et combien nous étions peinés de la mort du prêtre. Le discours terminé, toute l'assemblée applaudit et nous riions à poumons déployés. Les descendîmes les marchés de l'escalier massif, les doigts entremêlés, jetant quelques sourires ici et là. Enfin, nous sortîmes et la porte du manoir se ferma sur le soupir d'Elise, cette dernière fit un signe aux domestiques de fermer toutes les fenêtre et les portes. Chose faite, elle prit quelques bouteilles d'alcool et en aspergea les façades. Elle riait aux éclats et dansait en vidant les bouteilles. Lorsqu'elle eut fini, elle m'intima de me rapprocher d'elle et murmura dans le creux de mon oreille " À ton tour maintenant...". Elle me donna une allumette qu'elle alluma et se recula en me fixant de ses yeux félins. Hésitant, je lançai l'allumette. Les flammes grandirent à une vitesse atroce, sans que les invités ne puissent s'en rendre compte. Soudain, contre les carreaux d'une fenêtre, je vis s'écraser le visage d'une femme, elle criait et tentait de briser la vitre, en vain. Devant cette vision funeste tintait le rire cristallin d'Elise. Les images du bûcher me revinrent en une fraction de seconde, mais disparurent néanmoins lorsque les lèvres de ma moitié se posèrent sur les miennes. Cette nuit là, il y eut 438 morts."

    Élise referma aussitôt le document, un sourir presque mélancolique se dessinait sur son visage.
    " J'ai bien cru que tu allais nous faire une attaque ce soir là ! Tu ne regrettes rien j'espère ...? Déclara-t-elle amusée "

    « Récit n°665. 2015. Retour à la réalité.Récit n°667. 2015. Remords? »

    Tags Tags :
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :