• Récit n°664. Moyen-Âge. Décision.

    Même si cette page arrachée était censé être la fin de sa torture mentale, il ne put s'empêcher de penser à ce qui arriva ensuite, aux rouages de son esprit qui fonctionnaient comme s'ils n'allaient plus jamais s'arrêter. 
    *****
    Si cette bande de paysans voulait en venir aux mains, songea-t-il, alors qu'il en soit ainsi. Le prêtre, lui, avait périt dans l'incendie. Un poids de moins . Il alla retrouver Elise, cette dernière étant allongée sur un divan dans la pièce principale. Le couple vivait depuis de nombreuses années ensemble, mais ils ne s'étaient jamais mariés. Il avaient, eux, une parfaite notion du mariage et de la vie. Inutile donc de créer une attache immatérielle entre eux alors qu'ils savaient fort bien que leurs corps étaient la seule attache possible. C'était la seule notion qu'ils pouvaient avoir encore en ce monde. Le temps n'existait plus, puisqu'il était illimité. Ils n'avaient pas de Dieu, et étaient de ce fait des créatures du Diable, si tant est qu'il exista. Leurs sentiments étaient distillés, alors que leurs sens étaient amplifiés ! Qu'est-ce qui, alors, comptait vraiment ? Qu'est-ce qui avait de la valeur ? Qu'est-ce qui FAISAIT que quelque chose avait de la valeur ? 
    La vampire entendit alors ses pensées et d'une voix lasse répondit :
    -L'intérêt qu'on accorde à cette chose, j'imagine ? Et indirectement, l'amour qu'on lui porte. Encore à tes réflexions métaphysiques ! Décidemment ! Tu ne t'arrêtes jamais on dirait. 
    -Et bien quoi ?! Il faut ce qu'il faut.
    -Comme tes paroles sont creuses … Enfin ! Je vois les rouages de ton cerveau qui s'entremêlent et cela n'est pas pour moi. Je suis une femme d'action, tu le sais bien. 
    -En effet. A ce sujet, que penses-tu du cas de ces insurgés, ceux qui la nuit dernière …
    -Je sais ce qu'il s'est passé la nuit dernière ! Et si vous souhaitez vraiment savoir ce que j'en pense, mon cher, je pense que vous devriez tous les massacrer.
    -Ce n'est pas un peu … trop extrême ? 
    -Leur acte de la nuit dernière n'était-il pas un peu …. trop extrême ? Répondit-elle agacée. 
    -Si, si … mais après tout … Il se tut. Il savait que cela ne servait à rien d'argumenter pour se persuader. 
    -Il faut répondre à la violence par la violence. Je pense qu'il est déjà trop tard pour faire preuve de diplomatie. 
    Larkin la regarda avec attention, pensif. Puis il finit par sourire. 
    -Derrière chaque page de l'histoire se cache une femme, n'est-ce pas ?
    -Exactement, répondit sa compagne.
    Les conséquences des purges allaient donc s'inverser. Pareil à de la chaire gangrénée, il fallait opérer pour que l'infection ne se répande pas. Alors, avec ce qu'il restait de subalternes et de bras droits, Larkin mit au point la sentence qu'il allait appliquer. Derrière chaque page de l'histoire se trouve une femme et dès que celle ci se tourne, les peuples entèrent leurs morts. Cette nuit là, il y en eu 438.

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