• Récit n°662. Moyen-Âge. Tentation.

    Epuisé et surtout agacé, Larkin se pressa de regagner son aile personnelle, l'autre aile du manoir étant réservée aux nombreuses maîtresses que Larkin avait sû conquérir adroitement. Il gravit les hautes marches de l'escalier principal, tapissées de velour dont se dégageait cette atmosphère renfermée. Arrivé dans ses appartements, le seigneur du comté interrompit une jeune servante qui ouvrait les fenêtres.

    "Mais voyons, l'odeur du feu va parvenir jusque là. Et je pense que vous ne voudriez pas que l'âme de ce vampire rentre par ici, n'est-ce pas?
    - Non, monseigneur..."

    Le mot "vampire", alors prononcé par Larkin, sonnait légèrement faux. La servante qui s'appretait à sortir, la main sur la poignée, s'arrêta net et s'enquit alors:

    "Monseigneur, comme il est étrange de vous entendre parler de vampirisme, vous qui êtes si peu porté sur la chose. Par hasard... Craignez-vous l'existance des vampires?
    - Petite insolente, toi en revanche, tu ne crains pas ma colère. Moi, craindre un vampire?", disait-il en s'approchant lentement mais sûrement vers la jeune femme. Leurs corps étaient si proches qu'il pouvait lui souffler à l'oreille:

    "Et vous?"

    Sa voix sensuelle retentissait dans le corps de la servante, qui pour une raison qu'elle ignorait, la fit frémir. Les mains du vampire descendait langoureusement vers ses hanches tandis que sa bouche parcourait chaque parcelle du visage de la simple femme.

    "Monseigneur, vous... Comptez-vous m'épouser pour agir de la sorte?", demandait-elle embarrassée.
    "Non. Je compte faire mieux que ça...", répondit-il.

    Elle ne pouvait pas résister au charme mystérieux de celui qui la faisait presque mourir d'envie. Les baisers s'amplifiaient et descendait le long de son cou. Lorsque soudain, elle ressentit une douleur atroce. Larkin se redressait, la bouche ensanglantée:

    "Veuillez me pardonner. C'est que, en ce moment, beaucoup trop de choses me préoccupent. C'est aussi ce prêtre qui... Ah, sacrebleu! Vous l'avez tout de même cherché, pauvre sotte. Pourquoi devrais-je alors chercher une excuse à mon acte? Tout le monde doit manger dans la vie pour survivre, n'êtes-vous pas d'accord?"

    La proie ne fut pas capable d'entendre cette dernière interrogation, et ce fut dans les bras du seigneur qu'elle poussa son dernier soupir. Larkin se mit à rire, lorsqu'il repensait au bonheur des villageois devant le bûcher. Il pensait à ces pauvres hommes manipulés par ce qui s'apparentait pour lui à une secte qui avait gagné trop de pouvoir. Le christianisme, il voulait l'anéantir. Mais seul, cela aller s'avérer difficile. Il allait devoir s'armer de temps. De beaucoup de temps. Les purges d'hiver n'allaient pas être de tout repos. 

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